Privé de ses yeux pour 5 000 dollars

News du 28/08/2013 12:03

Privé de ses yeux pour 5 000 dollars

Une monstruosité ! Un enfant chinois a subi, samedi, une double énucléation (une ablation de ses deux yeux) dans le cadre d'un trafic d'organes présumé. Il aurait été kidnappé et drogué par une femme non identifiée, selon les premiers éléments de l'enquête. Ses parents, habitants de la province pauvre et rurale du Shanxi, notent sa disparition vers vingt heures. Ils ne le retrouvent que trois heures plus tard, en sang.

Croyant d'abord à une chute dans l'escalier, sa famille l'emmène, inconscient, à l'hôpital. C'est là qu'ils apprennent l'horrible vérité. « Nous n'aurions jamais imaginé une chose pareille », relate un membre de la famille. « Il avait du sang partout sur le visage, ses paupières étaient retournées », rapporte le père de la victime à la télévision d'Etat CCTV. Le garçonnet de six ans ne reprendra connaissance que quelques heures plus tard, se tordant de douleur.

Son ravisseur lui aurait dit « ne pleure pas et je ne te crèverai pas les yeux », rapporte le Daily Mail. L'odieux personnage a fait pire. Les globes oculaires de l'enfant ont finalement été retrouvés, non loin du lieu où il avait été découvert. La cornée y avait été prélevée. La police offre 12 200 euros à quiconque pourra retrouver le suspect.

L'histoire de ce garçon, désormais aveugle, illustre l'importance du trafic d'organes en Chine. La majorité des prélèvements y sont faits sur les prisonniers condamnés à mort, après leur décès et le plus souvent sans l'autorisation des familles. Autre cible privilégiée, les enfants, dont les organes seraient « de meilleure qualité » dans l'esprit des traficants, selon le Daily Mail. Une situation qu'Amnesty International dénonçait déjà en 2002, mais catégoriquement niée par Pékin. A l'époque, une cornée coutait en moyenne 5 000 dollars sur ce marché de la honte. 

Le vernis à ongles responsable des allergies oculaires de vos clientes ?

News du 09/07/2013 17:46
Le vernis à ongles responsable des allergies oculaires de vos clientes ?
Vos clientes se plaignent de démangeaisons autour des yeux, et mettent en cause leurs lentilles de contact ? Le responsable pourrait bien être leur vernis à ongles ! Des études ont récemment démontré que ce produit cosmétique pouvait être responsable de nombreuses réactions allergiques, pour près de 10% des utilisatrices. Concrètement, cela se traduit par des plaques de rougeurs, des cloques et des démangeaisons. Et, bien sûr, la partie la plus touchée se situe autour des yeux. « Normal, observe Rodolphe Bories, directeur de la formation et de la communication scientifique pour une marque de cosmétique. Nos mains sont en contact avec nos yeux plus de 200 fois par jour ».

Les substances allergogènes au sein du vernis

La toxicité de certains ingrédients a déjà été établie. En cause, principalement le formol, dont la teneur maximale a été fixée par la loi autour de 0,2%. Mais d'autres substances présentes dans le vernis peuvent être responsables de ces réactions. Le camphre synthétique, par exemple, également utilisé dans les insecticides ou l'acrylate, qui donne le côté brillant mais possède un fort potentiel irritant.

Si vos clientes présentent certains des symptômes évoqués ci-dessus, conseillez-leur de faire très attention aux ingrédients utilisés dans leurs vernis. Certaines marques ont développé des formules dépourvues de tout agent à tendance allergogène. Un label « Four Free » a même été créé pour garantir l'absence des quatre composants les plus nocifs (phtalates, formaldéhyde, toluène et camphre synthétique). 

UFC-QUE CHOISIR ET SON ANALYSE FAUSSE DU MARCHE

Club OpticLibre démontre que l'UFC-Que Choisir donne une analyse fausse du marché

Alors que le Journal Du Dimanche (JDD) en date du 30 juin lancé une énième attaque contre notre secteur dans un article intitulé « Lunettes chères tous coupables », Jean-Luc Selignan persévère dans ses analyses économiques. Lors d'une rencontre avec le rédacteur de l'enquête UFC-Que Choisir sur « le marché juteux de l'optique », il a notamment eu l'occasion de démonter point par point les contre-vérités soutenues par l'association consumériste et reprises par la MGEN dans son magazine « Fréquence » section Manche de juin 2013. Dans la première partie d'un document, que nous reprenons in extenso, il explique notamment les erreurs sur les marges « exorbitantes » des opticiens et les prix « élevés » des équipements en France. 



1/ Les prix de vente des lunettes seraient élevés en France 

L'UFC-Que Choisir prétend par une construction intellectuelle biaisée que le prix de vente moyen d'un équipement correcteur est de 470€ TTC, alors que la vérité pratique constatée en magasin, par la société d'étude de la distribution européenne GfK, montre que ce prix moyen est de 397€ TTC : 589€ TTC pour les équipements progressifs et 290€ TTC pour les unifocaux, hors deuxième paire « gratuite ». C'est uniquement parce que 36% des français (taux élevé par rapport aux autres pays européens) préfèrent la qualité et le confort des verres progressifs que les prix de vente moyens sont relativement élevés, mais pas les plus élevés d'Europe. 





2/ Les marges brutes des magasins d'optique seraient excessives 

L'UFC-Que Choisir calcule que la marge d'un opticien est de 70%, ce qui est faux et directement lié à l'erreur initiale sur le montant des prix moyens de 470€ au lieu de 397€. Calculée sur des bases exactes, la marge moyenne d'un magasin d'optique est de 56% et non pas de 70%, chiffre confirmé par l'analyse sectorielle des comptes d'exploitation de près de 45 00 sociétés de distribution au détail d'optique, réalisée en 2011 par l'Ordre des Experts Comptables.
Ce niveau de marge brute est parfaitement justifié par le fait qu'un opticien n'est pas seulement un commerçant qui vend des produits en l'état pour payer les charges fixes de son magasin. C'est un professionnel de santé qui crée un produit sur mesure pour son client et y passe en moyenne 2h30 (contrôle de la correction , prise de mesures , commande des verres sur mesure, centrage et taille des verres, montage et ajustage des lunettes, traitement administratif des dossiers Sécurité sociale et mutuelles). Facturée à 30€ HT de l'heure (la moitié du tarif d'un garagiste), cette prestation représente 24% du prix d'un équipement moyen.
La marge moyenne d'un opticien de 56% se décompose comme suit : 32% au titre de son activité de commerçant et 24% au titre de sa prestation de professionnel de santé et de technicien. Elle est parfaitement justifiée et normale. 





3/ Les marges brutes, considérées à tort par l'UFC-Que Choisir comme excessives, seraient liées au trop grand nombre de magasins qui coûterait in fine 510 millions d'euros au consommateur 

Qui peut comprendre qu'un plus grand nombre de magasins ne crée pas une concurrence renforcée sur les prix et donc sur les marges ? C'est grâce à l'arrivée sur le marché de très nombreux discounters dans les quinze dernières années que les premiers prix d'équipements unifocaux sont maintenant à 29€. Ces nouveaux entrants n'ont certainement pas contribué à l'amélioration des marges brutes des opticiens, affirmée sans preuve par l'UFC-Que Choisir.
Quant au pseudo-surcoût de 510 millions pour le consommateur, généré par la multiplication des points de vente, il existe uniquement parce que l'UFC-Que Choisir a fait une erreur de calcul concernant les frais fixes des magasins. En effet, en prenant le bon prix moyen d'un équipement (397€ TTC au lieu de 470€ TTC), les frais fixes de magasins par équipement sont de 71€ et non de 139€, soit une surestimation par l'enquête de 68€ par équipement. Sachant que 10 millions d'équipements sont vendus par an, l'UFC-Que Choisir a surestimé les coûts de distribution annuels de 680 millions d'euros. 
La multiplication des magasins d'optique ne génère aucun surcoût pour le consommateur, mais plutôt une baisse de chiffre d'affaires, de marge brute et de rentabilité pour chaque opticien. 





Alors que le Journal Du Dimanche (JDD) en date du 30 juin lancé une énième attaque contre notre secteur dans un article intitulé « Lunettes chères tous coupables », Jean-Luc Selignan persévère dans ses analyses économiques. Lors d'une rencontre avec le rédacteur de l'enquête UFC-Que Choisir sur « le marché juteux de l'optique », il a notamment eu l'occasion de démonter point par point les contre-vérités soutenues par l'association consumériste et reprises par la MGEN dans son magazine. « Fréquence » section Manche de juin 2013. Dans la deuxième partie d'un document, que nous reprenons in extenso, il explique comment le consommateur peut jouer son rôle de régulateur naturel du marché, ce que prétendent faire aujourd'hui les réseaux de soins. 


4/ L'optique concernerait des produits trop complexes pour que le consommateur puisse jouer efficacement son rôle de régulateur de marché 



L'opticien disposant d'un meilleur niveau d'information que son client, celui-ci ne serait pas en mesure de s'assurer qu'il achète les bons verres au bon prix et donc de réguler le marché. Selon l'UFC-Que Choisir, les réseaux de soins dotés de professionnels de l'optique seraient mieux armés pour discuter du prix des produits avec les opticiens, et donc réguleraient mieux le marché que les consommateurs.
Cette théorie de l'asymétrie de l'information entre le professionnel et son client, au demeurant valable pour tous les produits techniques (informatique, électronique, mécanique, téléphonie...) est spécieuse et bien française. En effet, si tel était le cas, comment expliquer que dans certains pays (Angleterre, Pays Bas, Italie...) qui ont fait le choix du déremboursement de l'optique, donc le choix d'une régulation du marché uniquement par le consommateur, les prix soient parfois, comme le fait remarquer l'UFC-Que Choisir, plus bas qu'en France ?
Le consommateur français serait le seul à ne pas pouvoir juger du bon rapport qualité/prix d'un produit optique, alors que les Anglais ou les Néerlandais y parviendraient sans problème. 



5/ 2,3 millions de Français renonceraient à un équipement à leur vue à cause des prix et des niveaux de reste à charge 



Cette affirmation de l'UFC-Que Choisir méconnait la réalité du marché français : tout consommateur peut s'acheter un équipement unifocal pour un prix forfaitaire de 29€ dans d'innombrables points de vente situés à proximité de chez lui ou même sur Internet. Ceci représente une dépense annuelle, pour un équipement dont la durée de vie moyenne est de trois ans, de 10€ par an seulement ! En revanche, il est connu des opticiens qu'une proportion significative de bénéficiaires de lunettes CMU-C ne souhaite pas s'équiper des montures qui leur sont proposées. Il ne s'agit absolument pas d'une renonciation à se soigner, mais d'une renonciation à un équipement perçu comme de qualité insuffisante pour eux, ce qui est très différent.
Aucune personne de bonne foi ne peut prétendre qu'il y a, en France, un problème de santé publique lié au renoncement aux soins optiques à cause du prix de vente trop élevé des produits, puisque chaque consommateur peut, s'il veut se soigner, acquérir une lunette correctrice à 29€. 



6/La régulation du marché serait plus effective avec le développement des réseaux de soins 



Un certain nombre de réseaux se sont développés sur la base de grilles tarifaires avantageuses pour leurs adhérents. Un des effets pervers de ce développement a été constaté dans ces réseaux : un renouvellement des équipements plus rapide que la durée moyenne constatée sur le marché et inférieur à 3 ans, car les adhérents veulent bénéficier de leur remboursement le plus souvent possible.
Ainsi, les adhérents de ces réseaux sont tentés de consommer plus souvent des produits optiques à prix bas, au lieu de consommer naturellement (tous les 3,5 ans en moyenne) des produits de meilleure qualité à prix plus élevé. Seuls les Ocam proposant des remboursements croissants avec la durée du renouvellement permettent à leurs adhérents de faire le choix de produits de meilleure qualité, quitte à les renouveler moins souvent.
Il a d'ailleurs été constaté en Allemagne que, suite au déremboursement total de l'optique intervenu en 2008, les prix de vente moyens n'ont pas baissé mais la durée de renouvellement s'est allongée d'un an (4,5 ans au lieu de 3,5 ans). Les consommateurs tiennent à la qualité de leurs produits optiques. 




En conclusion, Jean-Luc Selignan déclare qu'« il est temps que notre profession réagisse de façon didactique et non polémique à ce type d'enquête partiale, de façon à être entendue et comprise par les médias et les administrations. Le discours argumenté est toujours plus efficace et pertinent que l'invective ». 
News du 17/06/2013 17:35

Découverte d'une sixième couche de la cornée
La revue Ophtalmology vient de publier un article dévoilant l'existence d'une nouvelle couche, située dans la cornée. C'est une équipe de scientifiques de l'université de Nottingham, menée par le professeur Harminder Dua, spécialisé dans l'ophtalmologie et les sciences visuelles, qui a mis en évidence cette structure. La cornée est donc composée désormais de six couches :
-l'épithélium, d'une épaisseur de 50 à 100 microns
-la membrane de Bowman, environ 12 microns
-le stroma, 500 microns
-la nouvelle couche, dite de Dua, 15 microns
-la membrane de Descemet, 5 à 25 microns
-l'endothélium, 5 microns.

Une minuscule couche, qui pourrait simplifier de nombreuses opérations

Pour la révéler, les chercheurs ont injectés de minuscules bulles d'air dans la cornée lors d'une simulation de greffe, afin de séparer les différentes strates. En observant le résultat au microscope électronique, ils ont mis en évidence une couche légèrement différente des autres. « C'est une découverte majeure qui signifie que les livres d'ophtalmologie vont devoir être littéralement réécrit, explique le professeur Dua. En ayant identifié cette nouvelle couche distincte au plus profond du tissu de la cornée, nous pouvons maintenant exploiter sa présence pour réaliser des opérations plus sûres et simples pour les patients ». Cette nouvelle donnée devrait faciliter et améliorer les greffes et transplantations de cornées. Plusieurs maladies peuvent également être reliées à la présence ou à l'absence de cette couche. Des oedèmes cornéens pourraient ainsi être causés par une infiltration de liquide dans la couche de Dua. Et des recherches ont commencé pour déterminer si d'autres problèmes physiques sont imputables à cette structure.
Si plusieurs études seront encore nécessaires afin de mieux cerner cette nouvelle partie de l'oeil, cette découverte pourrait constituer un pas de géant dans la recherche et le traitement des maladies.
Cela fait des siècles que l'oeil est scruté sous toutes ses coutures. Et de nouvelles découvertes peuvent encore être faites. 
News du 29/05/2013 08:59

Une journaliste, spécialiste du web, teste Sensee.com
« Commander ses lunettes en ligne relève du parcours du combattant », s'indigne Geneviève Petit sur son site Internet petitweb.fr. Dans sa Newsletter de la semaine, cette journaliste spécialiste du marketing interactif, rompue aux techniques du numérique, raconte son aventure pour commander un équipement optique sur Sensee.com.

Tout d'abord, elle s'est frottée aux réticences de son ophtalmologiste qui lui a déconseillé d'acheter sur Internet. « Il faut déjà convaincre l'ophtalmo réticent de nous donner l'écart pupillaire, précise-t-elle. Ensuite, choisir ses paires en ligne, les recevoir chez soi pour les tester. Puis les renvoyer sous trois jours ». Optant pour la solution « Buyster qui offre 10% de réduction », le paiement s'annonce compliqué mais est finalement validé et la commande de Geneviève Petit confirmée. « Dix jours plus tard, n'ayant plus de nouvelle, nous contactons le SAV, via le chat du site : le paiement n'a pas fonctionné, mais personne pour faire remonter l'incident, explique-t-elle. Il faut repasser une commande. Puis scanner et envoyer son ordonnance par mail ». Trois jours plus tard, Sensee valide l'ordonnance par téléphone puis le porteur doit compter dix jours de fabrication et d'expédition. Enfin, selon elle, « l'achat en ligne est un truc d'activiste, puisqu'il n'aura aucun effet sur son propre porte-monnaie et qu'il ne profitera qu'aux mutuelles ». Si Géneviève Petit n'a pas été séduite par l'ergonomie et la praticité du site, elle a bien compris qu'au final le vrai gagnant n'est en aucun cas le consommateur.

News du 02/05/2013 11:57

Club OpticLibre dénonce les contre-vérités de l'étude commanditée par Marc Simoncini (sensee.com)

Jean-Luc Selignan, président de la centrale Club OpticLibre, dénonce les nombreuses contre-vérités de l'étude scientifico-économique commanditée par Marc Simoncini et dont certains thèmes ont été récemment repris par l'UFC-Que Choisir. Selon lui, le patron de sensee.com a cherché des boucs émissaires à l'échec commercial de la vente en ligne de lunettes. Dans ce reportage Acuite.TV, il explique que l'étude réalisée par les deux économistes, Mr Martimort, professeur agrégé des Universités, et Mr Pouyet, professeur à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole d'Economie de Paris, est erronée en cinq points :

- 1/ Les prix de vente des lunettes en France sont compétitifs, et non pas les plus élevés d'Europe.
- 2/ La part de marché du groupe Essilor en France n'a aucun impact sur la compétitivité du marché.
- 3/Le secteur de la distribution des produits optiques n'est pas concentré et oligopolistique.
- 4/ Les marges brutes et résultats des magasins d'optique français ne sont pas exorbitants.
- 5/ La concurrence est exacerbée par le nombre de magasins d'optique.

Jean-Luc Selignan souligne que « pour une défense efficace du métier de l'opticien indépendant, il est préférable de dire toute la vérité sur le modèle économique de notre métier qui n'a rien à cacher, et d'attaquer avec force et en détail les affirmations mensongères de telles études ou enquêtes. Si nous n'argumentons pas avec précision contre ces affirmations mensongères qui sont largement diffusées et reprises par les medias grand public, nous finirons par donner raison à tous les maîtres en matière de propagande, qui professent qu' « un mensonge maintes fois répété devient une vérité », conclut-il.

Les explications de Jean-Luc Selignan : 

1/ Les prix de vente des lunettes en France sont compétitifs, et non pas les plus élevés d'Europe 
Dans leur analyse des prix de vente internationaux des verres, ces deux professeurs ne distinguent pas verres progressifs et unifocaux, et ignorent que la France et l'Allemagne sont les deux pays où la part de marché des verres progressifs est la plus élevée (34%), bien supérieure à celle de l'Angleterre et des Etats Unis ( 19% ) ou de l'Italie ( 13% ) .
Comme le coût d'un équipement progressif est deux fois supérieur à celui d'un équipement unifocal, les pays à forte pénétration des verres progressifs ont mathématiquement un prix de vente MOYEN d'équipement optique supérieur à celui des autres pays. Mais ce prix moyen plus élevé correspond à une qualité de correction et de confort visuel meilleure pour les Français (les verres progressifs et individualisés occupent une part croissante du marché). En revanche, les prix de vente français sont en moyenne inférieurs de 6% aux prix de vente allemands, seul pays européen où le taux de verres progressifs est le même qu'en France (Etude GFK 2012).

2/ La part de marché du groupe Essilor en France n'a aucun impact sur la compétitivité du marché (contre-exemple allemand) 
L'étude de nos deux « brillants » économistes prétend qu'Essilor, de par sa position importante sur le marché français, organiserait la distribution de façon à maintenir des prix de vente élevés pour le consommateur, et à capter ainsi une plus grande partie de la valeur ajoutée de la filière optique (théorie de la « forclusion »). Mais ces messieurs semblent ignorer que la part de marché du groupe Essilor en France n'est pas, comme ils le prétendent, de 90% (première donnée erronée de cette étude), mais de 66% en valeur et de l'ordre de 50% en volume.
Comparons avec l'Allemagne où la part de marché du groupe Essilor est de 20%, car les fabricants allemands Zeiss et Rodenstock ont sur leur marché national des parts de marché de respectivement 19% et 17%, Hoya étant à 15%. Sur ce marché où Essilor a une part de marché très minoritaire, les prix de vente moyens au public sont supérieurs aux prix français !
Ainsi la théorie de la « forclusion » développée par nos deux économistes est inepte concernant le secteur de l'optique, et ne résiste pas au contre-exemple du marché allemand, puisque sur ce marché, aucun verrier ne domine les autres, et pourtant les prix des verres y sont élevés, reflétant la qualité technologique des verres vendus en Allemagne comme en France.

3/Le secteur de la distribution des produits optiques n'est pas concentré ou oligopolistique
Page 94 de leur étude, nos deux « éminents » économistes affirment avec aplomb que les 5 principaux groupes de distribution détiennent 70% des points de vente et 73% du marché. Or ils intègrent dans leurs chiffres les magasins indépendants adhérents à des centrales d'achat telles que Club OpticLibre. Il leur a échappé que les centrales d'achat ne détiennent pas leurs points de vente adhérents mais n'agissent que comme grossistes pour le compte d'indépendants qui ont chacun leur propre politique commerciale et sont concurrents entre eux. En enlevant de l'analyse ces points de vente indépendants adhérents à des centrales d'achat, il s'avère que les cinq principaux groupes de distribution (Krys, Optic 2000, GrandVision, Atol et Afflelou) détiennent 42% des points de vente, et non pas 70%.
Le secteur de la distribution optique n'est pas concentré, contrairement à beaucoup d'autres secteurs où les indépendants traditionnels ont quasiment disparu : la part de marché des cinq premiers acteurs de la distribution alimentaire que sont Carrefour, Auchan, Casino, Leclerc et Intermarché atteint 76 % (source TNS World Panel).

4/ Les marges brutes et résultats des magasins d'optique français ne sont pas exorbitants 
Page 40 de l'étude, il est indiqué que la marge brute d'un magasin d'optique serait de 63%, ce qui est évidemment surévalué. La moyenne de la marge brute de toutes les formes d'exploitation (individuelles ou en société) d'un magasin d'optique est de 57%, selon l'analyse sectorielle 2011 de l'Ordre des Experts-Comptables. Ce niveau de marge brute est parfaitement justifié par le fait qu'un opticien n'est pas seulement un commerçant qui vend des produits en l'état pour payer les charges de son magasin , mais aussi un professionnel de santé qui crée un produit sur mesure pour son client, et passe 152 mn pour réaliser une vente ( contrôle de la correction , prise de mesures , commandes des verres sur mesure , centrage et taille des verres , montage et ajustage des lunettes , traitement administratif des dossiers Sécurité Sociale et mutuelles ) .
La marge brute de 70% d'un restaurateur, de 80% d'un ébéniste qui transforme du bois en meuble, ou de 98% d'un médecin est-elle exorbitante ?
Nos deux économistes, toujours aussi peu rigoureux intellectuellement, prétendent que les charges de personnel d'un magasin d'optique sont de 13% du chiffre d'affaires et le résultat courant de 20% du chiffre d'affaires. Ils n'ont pas remarqué que leur statistique provient de l'Union des organismes de gestion agréés et ne concerne que les entreprises individuelles du secteur, soit aujourd'hui moins de 10% des magasins d'optique en France, où le résultat courant est la rémunération de l'opticien indépendant ! Dans les magasins exploités sous forme de société (SARL, SA, SAS), les charges de personnel se montent à 27% et le résultat, par différence, représente 6 % du CA.

5/ La concurrence en France est exacerbée par le grand nombre de magasins d'optique 
Page 91 de l'étude, il est prétendu que la densité de points de vente d'optique par habitant serait en France deux fois et demi supérieure à celle des Etats Unis. Ceci est faux car nos deux économistes qui connaissent mal l'organisation de la distribution optique aux USA, ne prennent pas en compte les 30000 optométristes et professionnels de santé qui vendent des équipements optiques, non seulement dans les 20000 points de vente référencés dans l'étude, mais aussi directement dans leurs cabinets ! En intégrant bien tous les points de distribution optiques dans l'analyse du marché américain, la densité des points de distribution par habitant aux Etats Unis est similaire à celle constatée en France.

A l'appui de leur démonstration, ils indiquent que, s'il y a un tel nombre de magasins d'optique en France (11500 points de vente), c'est parce que les prix et marges dans l'optique sont tels qu'ils permettent à de trop nombreux magasins de bien vivre ou de survivre. Cet argumentaire a également été repris récemment par l'enquête UFC /QUE CHOISIR.
Quelle est cette théorie fumeuse qui prétend que plus il y a de magasins d'optique, plus il y de concurrence ....et plus les prix sont élevés ! Cette théorie constitue une insulte au bon sens économique le plus élémentaire qui associe naturellement concurrence exacerbée et baisse des prix. Nos théoriciens et Mr Simoncini avec eux, n'ont pas compris que la concurrence dans le secteur de l'optique s'effectue sur les prix ET sur les services. Que le fait pour un opticien d'être proche de ses clients, de leur consacrer du temps pour une prise de mesure précise et pour la fabrication dans le magasin de leur équipement optique sur mesure, lui permet de vendre des produits de haute technologie (verres progressifs, éventuellement personnalisés), sans faire prendre le moindre risque sanitaire à ses clients. C'est un avantage concurrentiel structurel des magasins d'optique par rapport à Internet.

Monsieur Sélignan, Président de Club OpticLibre, conclut que pour une défense efficace du métier de l'opticien indépendant , il est préférable de dire toute la vérité sur le modèle économique de notre métier qui n'a rien à cacher , et d'attaquer avec force et en détail les contre-vérités de telles études ou enquêtes, plutôt que d'utiliser des arguments peu convaincants du type « une paire de lunettes coûte moins cher qu'un café par jour » ou « les pouvoirs publics savent bien que l'interprétation chiffrée d'une étude n'engage que ses auteurs » .

Si nous n'argumentons pas avec précision et honnêteté face à ces affirmations approximatives et souvent mensongères, nous laisserons le terrain à ceux qui veulent, pour en tirer un profit personnel, ternir l'image des vrais professionnels de l'optique en diffusant ces affirmations dans les medias grand public, et finirons par donner raison aux propagandistes de tous bords qui professent qu' « un mensonge maintes fois répété devient une vérité ».