News du 03/09/2012 13:25

Des audioprothésistes bradent des équipements auditifs sur Groupon
Le marché de la santé n'échappe pas au célèbre site d'achats groupés. Après les offres (très nombreuses !) des opticiens et des cliniques de chirurgie réfractives, Groupon propose désormais des bons d'achat attractifs à valoir sur des équipements auditifs. Le Centre français d'audiologie (Paris 12ème) s'est associé cette semaine au leader du « couponing » pour présenter deux offres : un bon d'achat de 540 euros vendu 99 euros à valoir sur 1 prothèse auditive, et un bon d'achat de 1 350 euros vendu 149 euros à valoir sur 2 prothèses auditives. Cela représente 82% de réduction. Lancée vendredi 31 août, cette alléchante proposition a déjà séduit une petite vingtaine clients.

Procédé à risque

Cette offre soulève plusieurs questions. En premier lieu, celle de sa légalité. En effet, la convention Cnam des audioprothésistes leur interdit « les procédés destinés à drainer la clientèle au moyen de dons de toute sorte » : la promotion présentée sur Groupon semble ainsi contraire à ce texte. Par ailleurs, elle peut dévaloriser, aux yeux des consommateurs, les appareils auditifs et la prestation associée de l'audioprothésiste : comment justifier un prix moyen de 1 500 euros par appareil, qui comprend l'adaptation et le suivi pendant toute la durée de vie de l'équipement (5 ans en moyenne), quand certains bradent ces prestations ? Si ces promotions venaient à se multiplier, elles pourraient ainsi anéantir les efforts de l'Unsaf (Syndicat national des audioprothésistes), qui espère notamment faire comprendre aux complémentaires santé « qu'en dessous de 1 000 euros par appareil, on ne fait pas le même métier et on ne peut pas assurer un suivi convenable ».

Moins de marge mais plus de ventes 

Dans le secteur de l'optique, les offres Groupon sont pléthoriques. Vos confrères ayant testé le système notent des avantages et des inconvénients. L'année dernière, un opticien de Clapiers a par exemple vendu près de 600 coupons d'une valeur de 150 euros au prix de 29 euros, à valoir sur une paire de lunettes correctrices. Son bilan : « Bien sûr, on rogne sur la marge, mais au final, ce n'est pas si grave car nous leur avons vendu beaucoup d'équipements haut de gamme, avec des verres polarisants par exemple. C'est aussi un moyen d'avoir une porte ouverte sur le web. Et aussi, on a été bien débordé », nous avait-il alors confié.

La chirurgie réfractive se met aussi aux « deals » 

En chirurgie réfractive, le procédé des achats groupés se développe également, notamment aux Etats-Unis. Récemment, un de nos Acuinautes nous a fait part d'un « deal » lancé par une clinique de Washington DC, proposant une opération Lasik sur les deux yeux au prix de 2 700 dollars (soit 2 150 euros). En France, des établissements niçois et toulonnais ont eux aussi vendu sur Groupon des interventions à 50% de réduction. Outre-Atlantique, la FDA a mis en demeure les cliniques concernées de ne plus publier de "déclarations trompeuses" sur le prix des interventions. Elle est soutenue par la Société américaine de cataracte et de chirurgie réfractive, qui estime que « choisir le moins cher des traitements Lasik augmente à coup sûr les risques » liés à l'opération. En France, ce procédé est carrément illégal, les cliniques n'ayant pas le droit d'effectuer des promotions purement commerciales ou financières sur des actes médicaux. L'Ordre des médecins a annoncé qu'il n'hésiterait pas à sanctionner les médecins qui participeraient à ce type d'offre en cas de plainte d'un patient.

Essilor nouveauté rentrée 2012

Présent au magasin les nouveaux verres Essilor : présentation du nouveau Varilux d'Essilor sur Acuité.

News du 03/09/2012 08:39


Essilor réinvente le progressif avec Varilux S series, qui promet une 'vision sans limite'
50 ans après l'invention du premier progressif, Essilor franchit un nouveau pas dans la correction de la presbytie avec le Varilux S series, lancé cette semaine, "qui se libère pour la première fois des limites de conception des progressifs", explique le verrier. "C'est bien plus qu'un nouveau Varilux, nous réinventons le progressif", se réjouit Nicolas de Lambert, directeur général d'Essilor France. Ce verre offre aux presbytes à la fois l'équilibre en mouvement, la vision grand angle et un temps d'adaptation réduit. Il promet une "vision sans limite", en éliminant le compromis traditionnel entre largeur de champ et effet de tangage.

Double révolution technologique 


Pour obtenir ce résultat, Varilux S series conjugue "deux révolutions techniques" : Nanoptix et SynchronEyes.

- La technologie Nanoptix minimise les effets de tangage : la structure du verre est repensée, et décomposée en milliers d'éléments pour s'affranchir de la relation puissance / base à l'origine des effets de tangage (distorsions liées à la déviation prismatique). La puissance du verre est ici calculée localement sur chaque micro-élément. Quand elle augmente, la base du verre diminue (il est plus plat en VP). "Les effets de tangage sont réduits jusqu'à 90% par rapport aux autres progressifs du marché", garantit Essilor, qui a mis au point pour ce verre un surfaçage digital cinq fois plus précis que le surfaçage digital classique.


- La technologie SynchronEyes élargit le champ de vision en intègrant pour la première fois les différences de puissance entre l'oeil droit et l'oeil gauche dans le calcul du verre. Quelle que soit la direction du regard, la qualité des images rétiniennes droite et gauche est équivalente, ce qui maximime les largeurs de champs de vision binoculaire (jusqu'à 50% plus larges par rapport aux autres progressifs du marché).


Une gamme complète dès le lancement

Le Varilux S series a été évalué, comme tous les nouveaux verres Essilor, via des tests au porté. "Le taux de satisfaction atteint 74,2% sur la qualité de la vision en mouvement, et 78,1% sur la qualité de la vision quand l'environnement bouge. Avec ce verre, les presbytes n'ont pas l'impression de porter des progressifs. On pourra notamment séduire les 40% d'entre eux qui ne sont pas encore équipés en progressif", explique Frédérique Laville-Leroy, directrice marketing d'Essilor France. Ce nouveau produit est, dès son lancement, disponible dans une gamme complète :
- Varilux S Design (design de référence)
- Varilux S Design Short (pour les petites montures)
- Varilux S 2 (design optimisé selon les paramètres de port et prenant en compte la convergence réelle du porteur).

Toutes ses références sont proposées en version Crizal Forte UV et Optifog. 

News du 12/06/2012 16:58
Les lunettes vendues sur Internet jugées « potentiellement dangereuses »

Le magazine consumériste britannique « Which ? » (équivalent de notre « Que Choisir ? ») juge sévèrement les équipements vendus par les e-opticiens. « Ces produits, souvent de qualité inférieure, peuvent endommager la vision ou générer des maux de têtes », conclut une de ses récentes enquêtes.


Presque la moitié des équipements sont mauvais, 10% « lamentables »

Des experts ont étudié 36 paires achetées sur 13 sites Internet : 15 ont échoué aux tests, notamment en raison du non-respect de la prescription. Parmi elles, 4 ont même été jugées « lamentables ». 10 ne correspondaient pas aux normes fixées pour l'industrie britannique, et 5 « e-opticiens » ont livré des équipements progressifs jugés « potentiellement dangereux », voire « extrêmement dangereux » pour l'un d'entre eux. Ce dernier était vendu 69 livres (86 euros) par le site Goggles4U.com, qui expédie ses produits dans le monde entier.

« Les erreurs de prescription et les mauvais centrages peuvent causer des maux de tête et une fatigue oculaire. Ces lunettes peuvent être dangereuses lors de la conduite d'un véhicule ou dans les escaliers », avertit Which ? . Certes, les 21 autres paires ont satisfait aux tests, mais 10 ne les ont franchi que « de justesse », regrette le magazine. « Ceux qui ont une faible correction ont davantage de chances de recevoir une paire acceptable », constate-t-il. En effet, 8 des 9 paires unifocales « standard » (correction inférieure à + ou - 5D) ont été approuvées par les experts.

Les lentilles ne sont pas en reste

Les « e-opticiens » sont également incriminés par le magazine en matière de contactologie. Les enquêteurs ont testé 15 sites Internet, en commandant des lentilles sans ordonnance, ce qui est illégal en Grande-Bretagne : seuls deux d'entre eux ont refusé la vente. Tous les autres ont expédié les lentilles au mépris total de la loi en vigueur.

News du 07/05/2012 17:13

Changer la couleur des yeux : une intervention à déconseiller à tout prix
Fin 2011, une clinique californienne défrayait la chronique dans le monde médical en promettant de lancer sous peu une opération inédite : la transformation des yeux marron en yeux bleus. Sa technique, baptisée Lumineye Technology, consiste en une dépigmentation de l'iris au laser. Elle détruit la mélanine qui donne la couleur marron, et dont sont dépourvus (en surface) les yeux bleus. Les résultats sont obtenus en deux à trois semaines. Mais cette intervention, dont le coût prévu se monte à 3 700 euros, est loin d'être inoffensive...

Atteintes rétiniennes

A l'occasion du 118ème Congrès de la SFO (Société française d'ophtalmologie), les dirigeants de la société savante ont rappelé les dangers inhérents à ce procédé. « Cette intervention détruit la protection naturelle de l'oeil contre les UV. La dépigmentation est irréversible et peut être à l'origine de pathologies oculaires très graves, comme le glaucome ou des atteintes rétiniennes », avertit le Pr. Béatrice Cochener, ancienne présidente de la SFO. Son actuel président, le Dr. Philippe Denis, met également en garde contre les déceptions quant aux résultats : « Il ne faut pas croire que l'opération débouche sur un beau regard bleu. Les patients se retrouveront avec un iris délavé et terne, sans comparaison avec la teinte espérée ».

Notons cependant que cette technique n'a pas encore obtenu son autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis, et pourrait, au vu de ses risques, ne jamais l'obtenir en Europe. A vos clients désireux de changer la couleur de leurs yeux, une seule méthode est donc à conseiller : celle des lentilles de couleur. A condition de ne pas les acheter n'importe où et de respecter les règles d'hygiène et de manipulation communes à toutes les lentilles...
News du 10/04/2012 09:20
Le Figaro met en garde contre les lunettes vendues sur Internet

Dans son édition du 6 avril, Le Figaro fait le point sur la vente en ligne de lunettes... en avertissant ses lecteurs de ses risques. « La majorité de ces sites Internet n'offrent pas les mêmes avantages qu'une visite chez un opticien en boutique », souligne le quotidien, en soulignant notamment les imprécisions des prises de mesure à distance.

« Il faut être gonflé pour prétendre à la justesse des mesures »

Le Figaro a testé deux « e-opticiens » (non cités dans l'article) et s'étonnent des méthodes proposées : l'un demande à l'internaute de « se prendre en photo avec une carte vitale collée sur le front », l'autre ne présente « aucun moyen d'effectuer ses mesures, ni de formulaire pour entrer les données nécessaires au montage des verres sur la monture ». Interviewé par le journal, Alain Gerbel, président de la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France), explique qu'«il faut quand même être gonflé pour faire croire aux gens que leurs mesures seront justes », alors que « les appareils que nous utilisons en magasin permettent d'effectuer des mesures au dixième de millimètre près ». Sa position est défendue par Jean Polier, président d'Easy-verres.com (qui vend des verres sur Internet pour les faire monter chez des opticiens partenaires), qui explique que « les prises de mesures en ligne peuvent donner lieu à une marge d'erreur de trois millimètres ».

Pas d'inconvénients pour les petites corrections selon ophtalmologistes

En revanche, le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) temporise. Il assure qu'il « n'y aucun risque d'abîmer l'oeil et de contracter une pathologie oculaire. Dans le pire des cas, on peut avoir les yeux qui piquent, une sensation d'inconfort et de fatigue, des maux de tête. Mais cela arrive aussi bien pour des lunettes achetées sur Internet qu'en boutique». L'ophtalmologiste explique que « pour un astigmatisme inférieur à deux, une hypermétropie inférieure à quatre et une myopie inférieure à six, on peut acheter ses lunettes sur Internet, tout en gardant à l'esprit qu'il y aura toujours un risque».

Opticiens en ligne : gare aux lunettes mal adaptées

Par figaro icon Caroline Piquet - le 06/04/2012
Avec des produits jusqu'à 70% moins chers qu'en magasin, les cyber-opticiens cassent les prix des lunettes. Mais le client n'a pas la garantie de porter des lunettes ajustées, mettent en garde les opticiens traditionnels.

En 2011, un Français sur trois a renoncé à des soins pour des raisons financières, selon un sondage CSA pour Europ Assistance. Parmi les équipements coûteux, les lunettes de vue représentent un lourd investissement pour les personnes ne bénéficiant pas d'une bonne mutuelle. Dans ce contexte, les prix cassés proposés par les opticiens en ligne séduisent de plus en plus. Mais pour générer de telles marges, la majorité de ces sites Internet n'offrent pas les mêmes avantages qu'une visite chez un opticien en boutique. Alors qu'un rendez-vous avec un lunetier permet d'effectuer un centrage rigoureux des verres (mesure des écarts des pupilles et de la hauteur entre le bas de la monture et l'oeil) et d'ajuster la monture, un achat en ligne oblige le client à prendre ses propres mesures à partir d'une webcam ou d'une photo, deux méthodes très approximatives, que dénoncent les opticiens ayant pignon sur rue.

Étudiant, Maxime Seguin-Couturier, 24 ans, s'est acheté une paire de lunettes en ligne l'année dernière. Sur le site, «ils donnent quelques indications pour prendre les mesures, ce n'est pas sorcier, mais je doute que le résultat soit très précis et je me demande encore si j'ai bien pris mes mesures», reconnaît le jeune astigmate, principalement «motivé par le prix du produit». En choisissant une monture de marque, il aurait dû payer entre 250 et 350 euros sa paire de lunettes. En effectuant sa commande sur Internet, il en a eu pour 157 euros.

Pour se faire sa propre opinion, Le Figaro a appelé deux sites d'opticiens en ligne. «Vous vous prenez en photo avec une carte vitale collée sur le front que vous nous envoyez par mail et nous prendrons les mesures à partir du cliché», explique un premier vendeur avant de reconnaître que c'est «handicapant de ne pas voir le client». Sur un autre site contacté, il n'existe aucun moyen d'effectuer ses mesures, ni de formulaire pour entrer les données nécessaires au montage des verres sur la monture.

Des mesures approximatives

«Il faut quand même être gonflé pour faire croire aux gens que leurs mesures seront justes», s'indigne Alain Gerbel, président de la Fédération nationale des opticiens de France. «Les appareils que nous utilisons en magasin coûtent en moyenne 20.000 euros. Ils nous permettent d'effectuer des mesures au dixième de millimètre près mais il nous arrive quand même de faire des erreurs, alors imaginez quand ils font des ajustages avec une photo ou une vidéo», proteste l'opticien.

Sur la toile, Easy-verres.com est l'un des rares opticiens qui proposent aux clients de commander les lunettes en ligne et de les faire monter chez des opticiens partenaires de l'entreprise. «On ne peut pas tout faire sur internet, poursuit Jean Polier, président de la société. Les prises de mesures en ligne peuvent donner lieu à une marge d'erreur de trois millimètres. C'est problématique pour des verres progressifs quand on sait qu'un écart de quatre à cinq millimètres a de fortes chances de réduire le champ visuel», explique-t-il.

«Il n'y aucun risque d'abîmer l'œil»

Néanmoins, le Dr Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, se veut rassurant: «Il n'y aucun risque d'abîmer l'œil et de contracter une pathologie oculaire. Dans le pire des cas, on peut avoir les yeux qui piquent, une sensation d'inconfort et de fatigue, des maux de tête. Mais cela arrive aussi bien pour des lunettes achetées sur Internet qu'en boutique», ajoute le médecin. Néanmoins, la vigilance est de mise pour les moins de 16 ans, dont la vue est encore amenée à évoluer. «Cela dépend aussi de la correction du patient, précise le Dr Rottier. Pour un astigmatisme inférieur à deux, une hypermétropie inférieure à quatre et une myopie inférieure à six, on peut acheter ses lunettes sur Internet, tout en gardant à l'esprit qu'il y aura toujours un risque», ajoute-t-il.

Environ 30 millions de Français portent des lunettes, renouvelées tous les trois ans en moyenne. Près de 8 millions de paires sont vendues chaque année.



Lentilles et lunettes, qui peut les prescrire ?

Par figaro icon damien Mascret - le 29/09/2011
Un amendement envisage d'élargir les possibilités de prescription pour les opticiens. Les ophtalmos sont en colère.

Les ophtalmologistes ne décolèrent pas depuis qu'ils ont eu vent de l'amendement que pourrait déposer aujourd'hui Daniel Fasquelle, le rapporteur du projet de loi sur la protection des consommateurs. Car si depuis 2007 les opticiens-lunetiers sont déjà autorisés à adapter, «dans le cadre d'un renouvellement, les prescriptions médicales initiales de verres correcteurs datant de moins de trois ans dans des conditions fixées par décret, à l'exclusion de celles établies pour les personnes de moins de 16 ans et sauf opposition du médecin» , le député du Pas-de-Calais aurait l'intention d'aller beaucoup plus loin. Cette fois, c'est pour les enfants qu'il envisagerait un assouplissement du suivi médical, tandis que la limite des trois ans pour utiliser une ordonnance disparaîtrait pour tout le monde. Une démédicalisation larvée du suivi ophtalmologique qui n'est pas du goût du ministère de la Santé où l'on assure «(qu')il n'a jamais été envisagé par le gouvernement de modification tendant à autoriser les opticiens à modifier l'ordonnance faite pour les enfants» . En revanche, l'idée de définir par décret les délais de validité de l'ordonnance pour aller au-delà de trois ans ne se heurte pas au même mur, notamment chez les ophtalmologistes. Reste à discuter le bon délai, sur des critères médicaux, situation par situation.

Ce qui inquiète le plus Jean-Bernard Rottier, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), est l'éventualité de sacrifier, sur l'autel européen de la liberté du commerce et de l'industrie, la proposition de rendre obligatoire l'ordonnance pour obtenir des lunettes ou des lentilles sur Internet. Pour le Dr Rottier, «Il faut l'inscrire dans la loi. Cela semble évident quand on sait que sur les 7 millions de patients qui viennent nous voir chaque année pour changer de lunettes, nous dépistons une maladie chez 4,5 millions !» Oui mais justement, chacun sait bien que les délais pour obtenir un RDV avec un ophtalmo dans certaines régions se comptent en mois sinon en semestres. Pourquoi alors ne pas demander aux opticiens de faire le dépistage de première ligne, quitte à adresser aux ophtalmologistes les cas douteux ? «Ce serait gravissime !, explique Isabelle Castioni, elle-même opticienne depuis plus de trente ans au Mans. On risque de passer à côté de tas de choses. En tant qu'opticien, nous n'avons pas de formation de pathologiste !»

Encadrer la prescription

Selon l'enquête du Groupe français d'étude sur les kératites microbiennes liées au port de lentilles de contact, qui regroupe 14 CHU, le risque d'abcès diminue très largement lorsque l'adaptation et le suivi sont assurés par les ophtalmologistes, ce qui renforce la nécessité d'encadrer leur prescription. Une étude à paraître dans la revue Réflexions ophtalmologiques sur 357 cas d'infections cornéennes sous lentilles montre que le risque est multiplié par neuf lorsque l'adaptation n'est pas faite par un ophtalmologiste.

Chaque année en France, environ 5000 personnes sont hospitalisées pour un abcès de cornée, dont la moitié due aux lentilles et un sous-groupe non négligeable aux lentilles cosmétiques. Une complication redoutée : « Les durées d'hospitalisation peuvent aller jusqu'à un mois et parfois une greffe de cornée est nécessaire », souligne le Dr Rottier. Ce n'est pas pour rien que la manipulation des lentilles de contact et leur entretien s'apprennent et doivent être respectés. Il n'est pas rare que des infections surviennent après plusieurs années de port sans problème en raison d'un relâchement de l'hygiène basique, y compris le simple lavage des mains (et le séchage, pour éviter les micro-organismes parfois présents dans l'eau du robinet).

L'entretien des lentilles et la dépose immédiate au moindre problème font partie des bons réflexes du porteur de lentille prudent. Reste l'inquiétude des ophtalmologistes à voir vendues sans aucun contrôle médical, en supermarché ou sur Internet, des lentilles cosmétiques que les porteurs ne voient pas comme un objet potentiellement dangereux. Tout comme les porteurs de lentilles jetables journalières qui s'imaginent parfois à l'abri des complications infectieuses. À tort.